Récapitulons : J'ai participé à un concours dans le journal
"Le Soir" (équivalent du Monde)
pour assister à La Nuit Du Soir avec
Hollywood Porn Stars, Joshua, Arid,
The Tellers et The Diplomat. De plus, le gagnant aura droit à un
article dans le journal.
Chose inimaginable :
j'ai gagné. Enfin, nous sommes deux à l'avoir remporté. (Une lettre de motivation rédigée avec attention à suffit.) Récit.
J'arrive Rue Royale à Bruxelles après de nombreuses tergiversations avec le GPS.
J'attends 17h00, heure de rendez-vous, avec un cappucino.
Me voici devant le grand bâti
ment, me présente à l'accueil et une gentille employée me propose de patienter ; Laurence (notre accompagnatrice) ne tardera pas à arriver. Après une visite concise des bureaux du S
oir, des présentations et un jus d'orange plus tard, nous nous mettons au travail avec Romain. Nous trouvons des questions à poser aux groupes, nous nous répartissons les tâches
et parlons musique. Beaucoup de goûts communs, tant mieux.
Hall du Cirque.
Nous arrivons alors dans la grande salle écarlate dépeuplée, le nez en l'air.
Nous sondons quelques personnes au hasard. Les filles viennent pour les Tellers, les vieux pour Arid, les autres pour l'affiche tout bonnement superbe.
Nous nous apprêtons à entrer pour la première fois dans les coulisses. Exhibant fièrement nos bracelets vermillon aux bouncers, nous montons avec appréhension un étroit escalier, et arrivons dans une longue pièce embrumée. Une ambiance très impressionnante. Des gens en slim qui passent dans tout les sens leur GSM greffé à l'oreille, les murs sales, des Maes vides qui traînent partout, et cette fumée rougit les yeux... On nous explique alors que pour pouvoir interroger les artistes, il va falloir batailler et mettre sa réserve de côté. Comme on pourrait pourtant le croire, ils n'avaient pas été prévenus de note présence. On va devoir jouer des coudes.
On déambule dans ce grand couloir circulaire parsemé de petites loges sommaires.
Assis sur un fauteil, nous apperçevons les membres de Joshua en grande conversation. Prenant notre courage à deux mains, je nous présente à
Thierry Coljon (Notre Philippe Manoeuvre national, rien que ça. Un modèle, très intimidée je fut en annoncant que nous étions les gagnants du concours. "Ha, dans ce cas!" répondit-il en se retirant), et posons nos questions au groupe hip-hop-funk-punk. Tout se passe à merveille. C'est juste impossible de prendre des notes de tout.
Romain:
« Vous êtes un mélange de styles...N'est-ce pas difficile de trouver une identité musicale ?
Recherchez-vous ça ? »Senso, chanteur :
« Non, ce n'est pas un défaut ! Il faut respecter l'atmosphère de chaque chansons. On considère ça comme une force. On peut prendre l'exemple d'un acteur.
Il peut jouer dans des films d'action, des trucs romantiques ou dramatiques, avec des réalisateurs différents, il reste toujours lui-même. »Moi :
« On a lu qu'aujourd'hui était un date importante pour vous. Des gens de Paris viennent vous voir. Es-ce que ça vous met la pression ? »Greg :
« Oui, biensur, mais c'est un pression positive. »Senso :
« On essaye de déstresser, de se détacher un peu de tout ça »Greg :
« Mais Senso il est jamais stressé...Il est cool (rires). Enfin, on a le trac, mais ça c'est artistique, c'est toujours comme ça. »Notre soirée fut d'un rythme effréné. Dés que la dernière note d'un groupe retentissait,
l'investigation recommençait. Une quête inces
sante. Même pas le temps de boire une bière dans le fri
go des V.I.P.
Nous revenons tout juste du concert des dIPLOM
AT (qui fut sympathique, ce n'est néanmoins pas la peine d'en parler plus longuement) que nous trouvons
Redboy, guitariste de Hollywood Porn Stars (leader de My Little Cheap Dicatphone, bref, grand -dans tout les sens du terme- nom de rock belge). Il nous propose gentillement de faire l'interview avec les autres membres de groupe dans leur loge. On s'y rend d'un pas empressé.
Assise en face d'Anthony Sinatara, chanteur, j'étouffe de joie.
Romain :
« Qu'est ce que ça vous fais d'être aujourd'hui tête d'affiche alors que la dernière fois vous ne l'étiez pas ?»Redboy :
« Il y a moins de pression. La première fois on était très impressionné. Mais ça ne veut pas dire qu'aujourd'hui on ne l'est plus ! »Moi :
« L'ambiance est-elle particulière par rapport à d'autres salles ou festivals étant donné qu'il n'y a ici que des groupes belges ? »Anthony :
« On a déjà eu l'occasion de jouer dans des endroits dans lesquels il n'y avait que du belge. C'est une atmosphère particulière. Et puis vu l'endroit... »Romain
« Est-ce que vous appréandez la réaction du public face à votre nouvel album, Satellites ? C'est une des premières fois que vous le présentez. »Redboy :
« Oui, il y a déjà eu le Pukkelpop et un festival à Liège. Ça c'est bien passé. On a construit cette album dans une bulle. Les nouvelles chansons sont plus posées. Il y'a une sorte d'intensité énergique."Moi :
« Vous vous exportez bien en France. Comment vous ressentez ça ? L'accueil est-il le même ? »Anthony :
« Les français sont différents de belges. On y va en novembre. Ils sont assez fan de groupes belges, ils font pas la différence entre flamands et wallons. C'est un peu comme une mode. »Sans raisons, je pensais qu'ils seraient hautains et inabordables. Ce fut une
rencontre inoubliable.
Après des Joshua en forme olympique, le public a bien sué, c'est
Ben, le fringuant chanteur aux yeux maquillés des Tellers que nous abordons. Après quelques questions, ph
otos et compliments, c'est
Charles ; guitare, piano, harmonica que j'interpelle. Celui-ci me fait la bise. Nous conversons, plus brièvement car ce dernier était quelque peu ailleurs,
si vous voyez ce que j'veux dire.De retour dans la salle, tous en choeur nous scandons "Il y'a toujours de la lumière pour éclairer la misère, y'a ceux qui s'meurent et ceux qui s'marrent dans l'quartier d'la gare" d'Ete
67 ainsi que le tubesque Suspicious Character des Bl
ood Arm;
Enfin, le moment tant attendu : le concert de
HPS. Au troisième rang avec Romain, on commence
avec Andy et d'autres chansons du dernier album lorsqu'arrive l'intersidérale
MONEY. Parcourant 10 mètres sans que mes pieds ne touchent le sol (Non, ce n'est pas de la magie, les pogos sont encore bien plus efficaces), le pied droit perdant sa ballerine, le bras en l'air, la main serrant des tout ses newtons mon appareil photo, j'arrive enfin en zone plus calme, saute, bondis à cloche pied, chante à m'en tuer les cordes vocales cette chanson si explosive. Après ce moment intense, je replonge dans cette jungle mouvante à la recherche de mon soulier, telle Cendrillon. Et à l'instar du Prince Charmant, un jeune homme me saisit le coude pour m'aider à me hisser hors de cette m
arée humaine. Retrouvant pied et chaussure, une fille au premier me happe et me tire près d'elle. Je ne la remercierais jamais assez. Me voici donc ventre contre la scène. Opressée, mais sauvée. Inutile de préciser que j'ai perdu Romain en cours de route. Je vis donc le concert aux premières loges, saisissant le mollet du chanteur à deux reprises, communiquant avec Eric, le bassiste qui semblait me plaindre, enfin, plaindre mon ventre... Vraiment gentils. (Je l'ai déjà dit, oui, mais bon). Deuxième moment au paroxysme de l'euphorie :
ACTARUS. Magnifique et étourdissante conclusion.
A la fin de tout les concerts, abasourdis mais enchantés, nous parvenons à nous retrouver avec Romain. On se rend alors une fois de plus dans les coulisse pour tenter de trouver un dernier petit groupe à se mettre sous la dent. Ben Damoiseau, batteur de HPS, nous fais part des ses impressions, blague et nous dédicace un petit mot. Il nous conseille de nous rendre au merchandising. Nous y revoyons Redboy, Eric et Anthony.("Journaliste, hein?")
Photos avec les artistes, autographes et t-shirts, ématomes et bourdonnements, mais surtout un sentiment exacerbé de bonheur.
Notre article a été publié mardi...
Les apprentissages: Je suis trop prolixe, un brin diffuse. Chanceuse et heureuse.
Je pense pouvois le dire; ce fut une des plus belles soirées de ma vie.
Safia, Hugo est dans la boîte.
IL FAUT QUE TU REGARDE CA.Ca, en l'occurence, c'est ce qui arrive lorsque tu demandes d'un air angélique à un chevelu, ami de Ben des Tellers donc, de prendre une photo de toi avec lui et que malencontreusement, tu laisse ton appareil photo en mode video. "Faut attendre longtemps" dis-je. Drôle.
Photo : Ne vous feraient-ils pas penser à ...et... donc aux...